mercredi 23 février 2011

Plus vivante que jamais

Salut à toutes et tous !
Et oui,voici presque 2 semaines que je n'ai pas écrit parce qu'il m'arrive tellement de choses que je ne savais pas par où commencer; le problème, c'est quand on arrête de tenir son journal...c'est dur de reprendre le fil !
Je rencontre ici plein de gens passionnants, un jeune griot moderne, Mamadou, qui m'a permis de confirmer mes impressions à propos de la Maison du Coeur. Ce que je vis pendant ce stage tient vraiment de la socio, psycho, anthropo, linguistique, - je l'avais peut-être déjà dit...- mais je confirme; j'ai terminé de faire passer le test d'Abidjan, j'ai acheté des magazines jeunesse et d'actualité tel JEUNE AFRIQUE et je vais les faire travailler sur ...des documents authentiques. J'ai pu organiser la visite de la nouvelle médiathèque, samedi dernier avec les petits et les moyens; ce fut la grande sortie; le responsable avait sorti la réserve de vêtements neufs pour qu'ils soient tous présentables...ils ont eu une visite guidée avec la bibliothécaire burkinabé Madeleine, une femme adorable; ils ont eu une projection de 2 films d'animation burkinabé sur des contes africains et ont pu consulter des ouvrages. Le samedi qui vient, j'améne les grands et j'espère qu'ils pourront profiter des postes informatiques et visionner un film peut-être. Sinon suite à une panne de courant, j'ai pu assister à un récit de contes spontané par la jeune Dogon, Hadiaratou, qui a 21 ans et a pris l'intitiative; les enfants petits et plus grands se sont rapprochés; elle leur racontait d'abord en mooré, puis me traduisait en français, puis le répétiteur qui est bissa, nous a rejoints, et a raconté un conte bissa, en essayant de le traduire en mooré; je n'ai pas enregistré car c'était improvisé et je ne voulais pas rompre le charme. Mais j'ai proposé à Hadiaratou de renouveller et qu'alors j'enregistrerai discrètement.
J'ai rencontré un jeune Touareg, Alassane, qui vend des bijoux de chez lui, il fait les aller retour depuis Tombouctou pour son business; nous avons commencé à échanger sur les langues et puis, il a commencé à me raconter son enfance auprès de son grand-père qui l'a élevé; c'est un témoignage qui n'a pas de prix et il a accepté que nous continuions et que je le filme; sa vie l'a améne à vivre un peu partout en Afrique et il parle 18 langues...il m'a donné une formule qui, dit la légende, permet de déclencher des facilités linguistiques, c'est du Tamachek "Aba mas mas n'tama ta sorafar a ouasin'is" C'est une légende, qui raconte l'histoire d'une femme enceinte qui s'arrête pour faire pipi, un homme l'a vue, il commet l'erreur de marcher là où elle a uriné ce qui lui déclenche une maladie, car c'est un sacrilège et seul celui qui connaît cette formule peut guérir... C'est une formule qui ouvre les portes de la connaissance en gros...
J'ai rencontré un conteur Didier Nana qui prépare un spectacle avec entre autres un conteur professionnel itinérant français, du nom de Tartare, un personnage étonnant, qui en France vit dans une roulotte, possède un carbet en Guyane, voyage de pays en pays, il ressemble à un ZZ top.. Ce soir, je suis invitée à partager une soirée de conteurs.
Avec les enfants ça se passe bien, et dimanche j'avais décidé de faire un break, et comme le responsable ne les avait pas prévenus, ils se sont inquiétés... le lendemain soir à l'étude, la petite Pascaline, était triste, et j'ai fini par comprendre qu'elle n'avait pas supporter de ne pas me voir dimache matin. Je l'ai rassurée et nous avons repris le travail. J'avais décidé de sortir le week end et de me prendre une chambre d'hôtel pour me reposer. Dimanche soir, je suis restée chez Pascaline dans sa cour et j'ai dormi chez elle, nous avons dîné dans un maqui dansant, mangé un poisson grillé avec les mains, comme on fait ici. En fait tout ce que je ressens, vis ici est puissant, rien est tiède sur cette terre, et le retour ne m'enchante pas. D'ailleurs j'ai décidé de prolonger d'une petite semaine après avoir quitté la Maison du Coeur afin de profiter de mes amis burkinabé. Artisitiquement, je me sens des ailes.
J'ai fait la connaissance d'un jeune instituteur burkinabé, Simon Nacoulpa, qui a repris des études de sociolinguistique ici à Ouaga, un garçon étonnant qui a créé sa propre association d'accueil d'enfants en difficulté de jour, avec animations culturelles et artistiques, il écrit lui-même, joue du djembé, et organise des spectacles de danse avec les enfants; il a monté 3 classes de maternelle, petite, moyenne et grande section, bilingue , mooré/français; les plus grands vont à l'école publique en face; il y a dans l'association une bibliothèque. Il prépare son mémoure de M1; et nous avons bien l'intention de travailler ensemble dans un avenir proche; il se marie le 4 juin à Paris avec une Irlandaise, Rachelle, qui est la gestionnaire d'ASMAE, l'association de Soeur Emmanuelle. Simon vient en mai en FRance, et je l'ai invité à la maison afin de lui présenter notre équipe de sociolinguistes aixois.
Bon allez, je vous laisse, et j'essaie de ne pas rester sans nouvelles trop longtemps, maintenant que je peux me connecter en wifi depuis la cafétéria du CCF!!!
Bises à tout le monde

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